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À la découverte de la véritable Sabine

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Sabine GAUTIER - Autoentrepreneure Accompagnatrice en bien-être par la relaxation et le dessin méditatif.
Sabine GAUTIER - Autoentrepreneure Accompagnatrice en bien-être par la relaxation et le dessin méditatif.





Quand le corps oblige à changer de vie.


Ce qui me touche le plus dans mon métier d’Écrivain-Conseil® et de biographe, ce sont les histoires que l’on me confie.


Celles de personnes qui, à un moment de leur parcours, ont dû traverser un changement, une rupture ou une épreuve pour réinventer leur trajectoire.


Mon rôle est alors de recueillir cette expérience, de faire émerger le fil conducteur de leur parcours et de mettre en lumière ce qui a construit la personne qu’elles sont devenues.


Au fil des entretiens, je découvre souvent que derrière les épreuves se cachent des prises de conscience profondes, des transformations et parfois même un nouveau chemin de vie.


C’est pour cette raison que j’ai choisi de consacrer une série de témoignages à De l'épreuve à l'entreprise.


Aujourd’hui, Sabine nous confie une partie essentielle de son parcours : celui d’une enseignante passionnée qui, après plusieurs années à tenir malgré les signaux d’alerte, a dû apprendre à s’écouter pour retrouver une vie plus alignée avec elle-même.


Le titre qu’elle a choisi pour ce chapitre de sa vie résume parfaitement son cheminement :

« À la découverte de la véritable Sabine. »

 

1. Une vocation qui n'en était pas vraiment une 


Biographe : Vous étiez enseignante depuis combien de temps lorsque vous avez commencé à faire ce burn-out ?


Sabine : J'ai débuté dans une classe en 2006. Donc lorsque j'ai vraiment « craqué » en 2020, j’enseignais depuis quatorze ans. Ma maman m’avait conseillé ce métier après la naissance de mes deux jumeaux, et j’ai pensé : « pourquoi pas ? ».


J'aimais mon métier, il n'y avait pas de souci. J'aimais apprendre aux enfants, leur transmettre des apprentissages. C'était un métier très riche.


Mais les conditions de travail s’avéraient très dures. Avec le recul, je me rends compte que ce n'est pas arrivé d'un coup. Je pense à une accumulation de faits.


2. Les premières blessures


Biographe : Qu'est-ce qui a commencé à rendre ce métier si difficile ?


Sabine : Très tôt dans ma carrière, j’ai connu des conditions de travail difficiles. Dans une petite école de campagne, je devais gérer plusieurs niveaux de classe ainsi que la direction de l’école. Une charge vraiment très lourde.


Puis un événement m’a particulièrement marquée.


J’avais proposé qu’un élève bénéficie d’une Aide Pédagogique Complémentaire. Son père, qui travaillait lui-même dans l’Éducation nationale, a très mal réagi.


Lors d’un entretien, il m’a attaquée personnellement, remettant en cause mes compétences et ma façon d’exercer mon métier.

Il est même allé jusqu’à écrire à mon inspecteur pour demander que je sois formée, estimant que je n’étais pas à la hauteur.


Sa démarche a déclenché une inspection.


À ce moment-là, j’ai surtout ressenti un immense manque de soutien. J’avais l’impression d’être seule face à cette remise en cause.


Finalement, l’inspecteur m’a proposé un changement de poste.

Au début, je refusais. J’avais l’impression que partir signifiait donner raison à cette personne.

Puis j’ai compris que rester n’était pas forcément une preuve de courage.


Alors j'ai accepté. Avec le recul, je peux presque dire que je remercie cet homme.

Sans lui, je serais peut-être restée encore longtemps dans cette situation.


3. Des années à tenir malgré les signaux


Biographe : Après cela, les choses se sont-elles améliorées ?


Sabine : Pendant un temps, oui.

J’ai connu des postes qui m’ont permis de souffler davantage. Mais finalement, où que je sois, je retrouvais les mêmes difficultés liées au métier.


J’ai toujours été quelqu’un de perfectionniste.

J’aime que les choses soient bien faites.


Pendant longtemps, je travaillais énormément. J’avais du mal à m’arrêter, à accepter de ne pas tout contrôler.


Petit à petit, j’ai essayé de changer cela. J’ai appris à ne plus travailler jusqu’à dix ou onze heures du soir.

Mais malgré mes efforts, la fatigue continuait de s’accumuler.


Mon corps envoyait déjà des signaux.

Je souffrais régulièrement d’aphonies. Je tombais souvent malade pendant les vacances, comme si mon corps profitait des moments où je relâchais la pression pour lâcher prise.


J’ai consulté un ORL, une orthophoniste…

Mais je ne voulais pas vraiment entendre ce que cela signifiait.


Je continuais.

Je pensais qu’il fallait simplement tenir.


4. Le burn-out : moment où tout bascule


Biographe : À quel moment avez-vous senti que vous étiez en train de basculer ?


Sabine : En 2020, juste avant le confinement.

Je sentais que j'étais arrivée au bout, même si je ne savais pas encore mettre un nom sur ce que je vivais : dépression ou burn-out.


Paradoxalement, le confinement m'a apporté un certain soulagement.

Je continuais à préparer les activités des élèves, mais j'étais enfin libérée de la gestion quotidienne d'une classe.


Cette distance m'offrait déjà une respiration.


Le retour à l'école, en revanche, a tout fait basculer.

Lors d'une réunion, je me suis effondrée en larmes.


J'ai malgré tout retrouvé mon poste en septembre.

Je voulais encore essayer.


Mais mon corps, lui, avait déjà décidé de s'arrêter.


5. Le jour où mon corps a trouvé une solution


Biographe : Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?


Sabine : Début janvier 2023, je me rendais à l'école à vélo lorsque je suis tombée, seule.

Je me suis gravement blessée : genou, coude… Les médecins m'ont prescrit plusieurs mois d'arrêt.


Le premier mois, j'ai ressenti une émotion inattendue : du soulagement.

Je n'avais plus à penser à l'école ni à supporter cette pression permanente.


Puis une autre réalité s'est imposée.

À la seule idée de retourner enseigner, un stress immense m'envahissait.

J'ai pourtant terminé l'année scolaire après quatre mois d'arrêt.


Pendant l'été, un nouveau diagnostic est tombé : mon genou nécessitait une opération.

Cette nouvelle interruption m'a obligée à regarder la situation en face.


Une évidence s'est imposée :

mon corps avait trouvé une solution pour que je n'aille plus à l'école.


5. Oser quitter l'Éducation nationale


Biographe : À partir de ce moment-là, vous avez envisagé une autre voie ?


Sabine : Oui.

J'ai sollicité un temps partiel thérapeutique, mais cette incertitude, avec un renouvellement tous les trois mois, était devenue trop difficile à vivre.


Psychologiquement, je ne pouvais plus continuer ainsi.


J'ai alors demandé une rupture conventionnelle.

Elle a d'abord été refusée, car mon projet professionnel n'était pas encore assez abouti.


J'ai obtenu une disponibilité qui m'a permis de développer mon activité d'auto-entrepreneure.

L'année suivante, ma demande a finalement été acceptée.


Depuis septembre 2025, j'ai quitté l'Éducation nationale.


6. Une nouvelle vie autour du bien-être et de la créativité


Biographe : Parlez-moi de cette nouvelle activité.


Sabine : Aujourd'hui, j'exerce comme praticienne en bien-être.

J'anime des ateliers de relaxation et de dessin méditatif.


J'accompagne surtout des femmes qui ressentent une surcharge mentale, ont besoin de souffler et de retrouver un espace pour elles.


Le dessin méditatif est une forme de méditation active.

Comme lorsqu'on joue d'un instrument, toute l'attention se porte sur le geste et l'instant présent.


J'ai découvert cette pratique pendant le confinement.

Je cherchais des idées de graphisme pour mes élèves de grande section lorsque je suis tombée sur la méthode Zentangle.

Elle consiste à créer des dessins à partir de motifs simples inspirés des gestes de l'écriture.


Créative depuis toujours, passionnée d'aquarelle et de pastel, cette approche m'a immédiatement séduite.


En parallèle, je me suis ouverte à la relaxation, à la méditation et à d'autres pratiques qui m'ont aidée à mieux me connaître.


Avec le recul, 2020 marque un véritable tournant dans ma vie.


7. À la découverte de la véritable Sabine


Biographe : Aujourd'hui, sentez-vous une différence dans votre rapport à vous-même ?


Sabine : Oui. Autrefois, j'étais souvent malade.

Aujourd'hui, je ne suis plus aphone et je tombe rarement malade.


Pourtant, créer une entreprise demande beaucoup d'énergie.

La différence, c'est que j'écoute désormais les premiers signaux.


Quand la fatigue arrive, je ralentis.

Je fais des pauses.

Je m'écoute.


8. Ce que cette épreuve m'a appris


Biographe : Qu'est-ce que cette période de votre vie vous a appris ?


Biographe : Qu'est-ce que cette expérience vous a appris sur vous-même ?

Sabine : Qu'on n'a qu'une seule vie.

Et que personne ne la vivra à notre place.


J'ai appris à penser à moi.

À vivre ma vie comme je l'entends.

Pas comme la société pourrait me l'imposer.


Avant, j'étais toujours dans le « faire bien », comme on l’enseignait aux femmes de ma génération.

Je voulais répondre à ce que l'on attendait de moi.

Aujourd'hui, je cherche simplement à être moi.


9. Si cette expérience était un chapitre de votre histoire...


Biographe : Si cette expérience devenait un chapitre de votre histoire, quel titre lui donneriez-vous ?


Sabine : À la découverte de la véritable Sabine.

C'est ce que cette épreuve m'a permis de découvrir.


J'ai quitté une vie où je cherchais avant tout à répondre aux attentes des autres.

Aujourd'hui, je vis la mienne.

             

Conclusion


Pendant longtemps, Sabine a cru qu'il fallait tenir, coûte que coûte. Pourtant, son corps tentait déjà de se faire entendre. D'abord discrètement, puis de plus en plus fort.


Son parcours rappelle une évidence : l'effondrement n'est pas toujours une fin. Il ouvre parfois le chemin vers une vie plus juste.


Sabine n'a pas seulement changé de métier.

Elle a appris à s'écouter, à poser ses limites et à choisir une vie qui lui ressemble.

C'est peut-être l'un des plus beaux enseignements de son parcours.


Je remercie encore Sabine pour la confiance qu'elle m'a accordée en acceptant de partager cette partie intime de son histoire.


Ces récits ont vocation à ouvrir des chemins, à susciter des prises de conscience et, parfois, à donner le courage d'oser un changement.


Si ce témoignage a fait écho à votre propre histoire ou à celle d'un proche, n'hésitez pas à le partager.

 

Dorith Voisin | Biographe & Écrivain-Conseil®

Co-écriture de récits professionnels et entrepreneuriaux.

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